Occupée pendant mille ans, l’abbaye de Brantôme-en-Périgord était d’abord troglodytique. Parmi les cavités de la falaise qui ont servi de refuge aux ermites, la Grotte du Jugement dernier est la plus énigmatique.

Avec son décor de carte postale et ses bonnes tables en bord de rivière, Brantôme-en-Périgord est une invitation à la flânerie. Mais il serait dommage de faire halte dans la Venise verte du Périgord sans s’intéresser de plus près à son passé religieux, qui a laissé des traces étonnantes. C’est en effet au creux de la falaise, derrière l’église abbatiale du Moyen Âge et les bâtiments conventuels du XVIIIe siècle, que se dévoile l’origine de l’abbaye Saint-Pierre de Brantôme. Elle est percée de vastes cavités naturelles, dans lesquelles les moines se sont installés dès le VIIIe siècle, y trouvant une protection contre les vents de la pluie et la présence d’une source, que l’on prétend miraculeuse. D’après la légende, c’est Charlemagne lui-même qui aurait fondé l’abbaye bénédictine, en y portant les reliques d’un enfant martyr, l’un des Saints Innocents : Saint Sicaire. De là a commencé l’occupation religieuse du site, qui durera un millier d’années jusqu’à la Révolution.

Ces « grottes » peuvent être visitées. La plus impressionnante et énigmatique est celle dite « du Jugement dernier ». Dans cette cavité naturelle agrandie par l’homme, deux bas-reliefs monumentaux toisent les visiteurs. Le plus ancien mesure sept à huit mètres de haut et daterait de la fin du XVe siècle. Au sommet trône un grand Christ inachevé. En-dessous, un squelette tient une faux. « La représentation de la mort est caractéristique de la fin du XVIe, due à tous les malheurs depuis deux siècles : la Guerre de Cent ans, et la peste qui arrive en Europe en 1347 », éclaire Jérôme Mathet, en charge des visites à l’office de tourisme. A leurs côtés, des anges soufflent dans des trompettes et des morts sortent de leurs tombeaux. Ils encadrent une tête couronnée qui porte une bourse autour du cou, probablement en dénonciation de la vanité. Il s’agit là d’interprétations, puisqu’aucun écrit n’a été retrouvé sur cette mystérieuse sculpture.

Sur la paroi latérale, un autre bas-relief est lui daté du XVIe ou XVIIe siècle. Il représente une scène de crucifixion classique et prouve que ce lieu a été utilisé jusqu’à la fin par les moines. L’autre singularité de cette grotte, ce sont ses 240 boulins, des nichoirs pour pigeon qui servaient d’unité de mesure de la propriété foncière.

En plus de ces cavités, que le public peut visiter seul (grâce aux panneaux explicatifs) ou accompagné, l’église abbatiale vaut le coup d’œil. Elle a été construite avec des pierres tirées de la falaise. Son clocher de style roman limousin, érigé au XIe siècle, est probablement le plus vieux de France ! Les visites guidées permettant d’y grimper ont été temporairement suspendues, mais elles devraient bientôt reprendre. En attendant, il est toujours possible de découvrir la salle capitulaire du XVe siècle et ce qu’il reste du cloître.

Des visites nocturnes du site seront proposées en juillet et août, de même que des jeux sur table pour les enfants, au cœur des grottes. Une raison de plus de partir à la découverte de ce site atypique.


Infos pratiques

  • Office de Tourisme PÉRIGORD Dronne Belle – Brantôme en Périgord
  • Église Notre-Dame, 2 Rue Puyjoli de Meyjounissas – Brantôme en Périgord
  • Ouvert tous les jours de 10h à 18h en juin et septembre, et jusqu’à 19h en juillet et août.
    Visite libre des grottes : 6,50€. Visite guidée : 8€ (trois par jour).
  • Réservations au 05 53 05 80 63.
  • https://perigord-dronne-belle.fr

Publireportage par Maéva Louis – Photos : © F.TESSIER / OT PERIGORD Dronne Belle